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L’histoire de recologne

Un peu d’histoire…

« C’est un gros village qui appartient à M. le Président de Camus, qui a un
château. Il est situé à la fourchette de la route de de Langres à Besançon et de celle d’Auxonne, dans un pays abondant en blé, orge, avoine, vins, pâturage, fruits, bois, mines… Il renferme un bureau de la poste aux chevaux… des tuileries… de grosses auberges », écrivait un voyageur passant dans le village en 1789. Certes, les lieux ont biens changés depuis, mais le village a su préserver, quoique que traversé par un axe de circulation important, le caractère rural affirmé de son environnement paysager et une grande partie de son patrimoine bâti ancien. Entouré de vaste bois, Recologne sur une légère hauteur (Altitude 330 mètres), s’étire de part et d’autre de la route nationale, offrant au passant le spectacle de son clocher que dominent les tours d’un beau château, et quelques maisons aux qualités architecturales évidentes.

Cadastre: le premier cadastre établi en 1829. Superficie de 678 ha, dont 149 en forêt (1980)

Toponymie

De Recolinis 1139
De Recolenis 1139
Recoloignes 1287
Recolennes 1298
Recoloynes 1325
Recoloignes les Marnay 1475
Recoulongnes 1545
Recolonges-les-marnay 1667
En patois: Recouligne

Histoire

Situation administrative

Ancien régime. Subdélégation de Besançon, maîtrise des Eaux et Forêts de
Besançon. Révolution. District de Besançon, canton de Recologne XIXéme et XXème siècles. Arrondissement de Besançon, canton d’Audeux.

Situation judiciaire

Ancien régime. Présidial de Besançon, bailliage de Vesoul (avant 1676), puis de Besançon, prévôté de Chatillon-le-Duc.

La présence des vieux chemins, venant de Placey et gagnant Ruffey, importantes stations gallo-romaines, signalés par J.Gauthier au XIXème siècle, et l’existence de nombreux tuileaux témoignent de l’ancienneté de l’occupation du site de Recologne. Cependant, les premiers écrits de son histoire datent du XIIIème siècle, à une époque où le village relève de l’importante seigneurie de Corcondray: c’est ainsi qu’en 1287, Guillaume d’Apremont reconnaît tenir Recologne en fief d’Othon IV.
Au XVème siècle de nombreux seigneurs se succèdent ou se partagent ici le
pouvoir, parmi lesquels on note les noms de Guillaume et d’Etienne de Mailley, de Pierre et de Guillaume de Vy, de Jehan d’Allenjoie, mais aussi de l’abbaye Saint Paul de Besançon, en faveur de qui Jean de Sauvigney a testé en 1412, pour tous ses biens de Recologne. Quelques difficultés naissent alors, déjà, entre les habitant du village et le seigneur de Ruffey, Thibaud de Rougemont, qui leur interdit, en 1459, de « champoyer en aucun tems au bois de la Mauge ».
Au XVIème siècle, la seigneurie passe aux mains des Varin d’Audeux et de François de Gorrevod, baron de Corcondray. Elle est acquise, au début du XVIIème, par Frederic de Chavirey. C’est alors la guerre de Trente Ans, qui connaît ici des épisodes cruels: le 20 juin 1636, l’armée de France, commandée par Condé s’empare du château, pille et brûle le village, vole le bétail. En 1632, puis en 1636, la peste oblige la population à se réfugier dans les loges du bois des Fauchères, Recologne est un désert: deux naissances en 1636, deux seulement encore en 1640 pour un grand nombre de décès.
Ce n’est que vers 1640 que Frederic de Chavirey fait reconstruire le château, sur le plan d’un vaste rectangle de 40 mètres de long, flanqué de quatre pavillons d’angles; Frederic de Chavirey qui, en 1666, achète à Jacques de Saint-Mauris tout ce que se dernier possédait à Recologne et Chazoy pour la somme de 3.450 francs.

Au siècle suivant, Recologne voit se succéder plusieurs seigneurs importants: Claude de Belin, le marquis de Lezay-Marnesia, puis Jean de Camus qui obtient en 1746, des lettres patentes érigeant sa terre en marquisat. En 1787, par une alliance des Camus et des Chifflet, Recologne passe à cette célèbre famille comtoise avant d’échoir, au XIXème, aux d’Aligny.
En 1789, M. de Camus, aristocrate libéral, fait raser les ponts-levis et les fortifications de son château, s’attirant les railleries des émigrés et l’envoi d’une quenouille symbolique, en dérision. Mais la Révolution avance, qui va lui faire perdre cet enthousiasme des débuts: persécution des catholiques, destitution d’édiles, dénonciation du seigneur, du juge de Paix, de l’institutrice, rixes lors de l’assemblée primaire du canton, le 21 mars 1799, marquent ces années.
L’empire s’installe, sans difficulté, hormis en 1813 et 1814, où les réquisitions du siège de Besançon sont mal acceptées. Les décennies suivantes sont sans histoire: Recologne, autour de son église, vit sans éclat, tandis que dans sont château, le dernier des Chifflet rassemble les vestiges menacés du patrimoine bisontin en collectionneur éclectique et acharné.

ECONOMIE-SOCIETE
DÉMOGRAPHIE HISTORIQUE

1614 : 20 feux
1657 : 110 habitants
1688 : 358 habitants
1735 : 76 feux
1744 : 100 feux
1790 : 500 habitants
1826 : 582 habitants
1851 : 654 habitants
1876 : 485 habitants
1901 : 376 habitants
1926 : 300 habitants
1954 : 261 habitants
1962 : 234 habitants
1975 : 335 habitants
1982 : 392 habitants
1990 : 482 habitants
1999 : 508 habitants
2007 : 551 habitants
2012 : 616 habitants
2017 : 653 habitants
2022 : 716 habitants
2024 : 726 habitants

Pertes subies au cours des dernières guerres:
1914-1918: 17
1939-1945: 4

FAMILLE EXISTANT AU XVIIIème siècle (1750)

André, Baudouin, Begy, Berger, Bergu, Berton, Boley, Bougillard, Bruant, Chapuis, Charnie, Chevalier, Chevanne, Clery, Constantin, Demougeot, Durpoix, Encrenne, Fillon, Fontaine, François, Gabonnet, Gautier, Goitet, Grivet, Goitet, Grivet, Grosjean, Guillet, Huot, Henryot, Joly, Jurain, Lapierre, Ledez, Lisse, Louisot, Magnin, Marchandet, Marland, Mayet, Millot, Morel, Perrin, Petit, Picholet, Pointet, Prenevielle, Prevot, Quinot, Racle, Riduet, Royet, Sauvage, Seguin, Simon, Sogies, Veny, Verdot, Viatte, Vienot, Voillet.

Il faut attendre la fin du XVIème siècle pour avoir quelques éléments précis sur la vie sociale et économique du village et, notamment, l’arpentement et la délimitation d’une partie de son territoire, faits à la demande de Jean de Bauffremont, de Louis de la Tour et des habitants en 1582; plusieurs survivront, au début du XVIIème puis en 1771-1773, date à laquelle le seigneur, premier
propriétaire foncier, y possède pour 70.600 livres de terres.
Le dénombrement de 1688 mentionne seulement le cheptel: 36 chevaux, 133 bêtes à cornes, 164 porcs, 36 chèvres et 63 moutons; chiffres très faibles, pour une population de 358 habitants, au sortir, il est vrai, d’une période difficile, marquée par l’occupation française et deux graves épidémies de peste. L’enquête de 1773, en dépit d’une augmentation de la population, trahit un certain fléchissement de ces chiffres: 26 charrues y sont portées, mais il n’y a plus que 30 chevaux, 32 chèvres, mais, en revanche, 283 bêtes à cornes. Les récoltes sont alors de 24 muids de vin pour 36 arpents cultivés, 4.398 d’orge et 576 de menus grains. Cinq foires au bétail, annuelles, animent, depuis 1789, ce lieu de passage fréquenté où un maître de poste propose les services de 8 chevaux. Toutefois, en 1791, la communauté se plaint d’être trop imposée:  » il n’y a ici au plus que huit particuliers qui aient pleine charrue y compris les gros fermiers; quinze autres ont demi-charrue, et le surplus ne sont que véritables, manœuvres parmi lesquels 30 au moins, mendient leur pain pendant les trois
quarts de l’année ». Les 18 fours privés du village auront composé, au cours du XVIIIème siècle, la grande affaire de la localité: estimant que leur présence, lui causait un préjudice annuel de plus de 500 livres, l’abbé de Saint-Paul, propriétaire du four banal, tentera en vain de les faire détruire; l’envoyé de l’abbaye, insulté, se contentera de faire pleuvoir des assignations.
Au XIXème siècle, les assemblées cantonales se tiennent à Recologne et y apportent une certaine animation, tandis que l’épidémie de choléra sème la panique en 1854, provoquant 12 décès, du 6 août au 29 septembre. Une fromagerie fonctionne au village, de 1856 à 1867, qui produit 10.000kg de fromage; un troupeau, important, suffit largement aux besoins locaux; il se maintenait dans les années 1980, 377 bovins, répartis en une dizaine de fermes et près de 500 hectares de terres agricoles. En 2017 il subsiste 2 exploitations agricoles principalement céréalières. Sur le ruisseau de Lavernay, un moulin à blé à trois roues, huilerie, ribe et scierie, l’usine Chifflet, fait de médiocres affaires. Importantes, en revanche, sont les tuileries,: celle des Verdot, avec ses dix fours, produit, en 1958, 110.000 tuiles l’an, 30 mètres cubes de chaux, 10.000 briques, concurrencés par celle de la veuve Simon « au quartier du moulin », qui atteint une production semblable. Il ne reste aujourd’hui, hélas, de ce savoir et de ces industries, que d’intéressants bâtiments en piteux état, témoignages à l’abandon sans espoir d’un sauvetage.

HISTOIRE RELIGIEUSE
SITUATION ECCLÉSIASTIQUE

Ancien régime.-Doyenné de Sexte, paroisse de Recologne (comprenant les communautés de Franey et de Chevigney). Eglise, sous le vocable de saint Barthélemy; collateur: L’abbaye Saint paul de BESANCON. XIXème – XXème siècles.- Zone pastorale des Vallées, doyenneté de Grandfontaine, paroisse de Recologne. Eglise sous le vocable de saint Barthélemy et de saint Laurent. La cession en 1133, de l’église de Recologne aux églises Notre-Dame et Saint-Paul de Besançon compose la trace la plus ancienne de l’histoire religieuse du village. Une chartre de Gérard de Rougemont, archevêque bisontin, confirmant, en 1221, l’abandon de l’église à Saint Paul, l’achat d’un pré par les Dames de Battant, en 1235 sont, pour les siècles suivants, les seuls documents, de cette nature parvenus jusqu’à nous.

Au XVIIème siècle, la paroisse comprend Chevigney, Franey, la « Ferme du bas de Chanoz » et le  » Castrum de Recolgne ». C’est l’époque où les curés, accusés d’usurper les droits de l’abbaye Saint Paul, sont en conflit avec l’autorité ecclésiastique et où ils se heurtent aux habitants à propos de leurs redevances, en dépit des revenus honnêtes de la cure. Le desservant ne lègue-t-il pas, en plus de ses biens, en 1970, une somme de 3.000 francs à différentes personnes? Après que l’on ait reconstruit la cure en 1739, l’archevêque Pierre II de Gramond exige qu’on répare l’église. Son état semblait s’être aggravé depuis 1704, époque à laquelle la modeste chapelle qui en faisait office paraissait convenir . A son emplacement, on reconstruisit un vaste sanctuaire, sous la direction de l’entrepreneur Nicolas Vesy. La première pierre en est posée le 9 avril 1743; l’église sera consacrée le 29 août 1756 par Mgr Claude Franchet de Rans, en présence de l’abbé Amidet, curé du lieu, promoteur de ce chantier, alors âgé de 89 ans. Ornée avec goût d’une chaire en bois sculpté et stuc, de sept beaux bas-reliefs exécutés vers 1740 par la famille Marca, elle n’a encore, lors de sa consécration, ni confessionnaux, ni bancs, à l’exception de ceux du seigneur et du sieur Demougeot qui avaient contribué à embellir son vaisseau. Les habitants de Chevigney refusent de participer à ces aménagements, s’en tenant au traité passé le 4 août 1784 leur réservant de tiers de l’église. Depuis d’autres éléments, ont été mis en place, souvent de qualité, tels des confessionnaux de bois peint et sculpté, du XVIIIème siècle, un maître autel orné d’une Résurrection d’après Van Loo, une piéta du XVIème siècle aux armes des Broquard de Lavernay, des statues de saint Ferréol et saint Ferjeux, détachées d’une façade privée en 1844, et une relique insigne: un morceau de la vraie croix, dit-on.

En 1791, l’abbé Pidancet est remplacé par le prêtre Renaud pour avoir refusé de lire en chaire la lettre de l’évêque Seguin; dans le même temps, le sieur Monnet, né à Recologne, est nommé professeur de théologie au collège de Besançon, lui dont la bonne mine était le seul mérite, au dire de ses contemporains. En 1792, l’abbé Pidencet est interné quelques mois, tandis que le curé Renaud fait suivre son nom, sur les registres d’état civil, de la qualité, d’officier public, et n’y inscrit que les baptêmes. En 1793, « la Vedette », pourtant, le dénonce pour avoir dit aux habitants son opposition à la loi sur le divorce. En 1796, l’abbé Pidancet est arrêté sur les marches de l’église, alors qu’il allait y célébrer une messe. La foule qui voulait le garder, proteste vivement. En 1797, un patriote s’étonne: « tous les fanatiques de Recologne, et beaucoup des environs, ont fait une navette continuelle au moulin qui est le repaire de toute la chouannerie ». Quinze jours plus tard, le moulin est cerné; on y arrête le curé de Pelousey et le meunier Racine, célèbre parmi les
contre-révolutionnaires. Les rapports indiquent alors que Recologne « est comme gangrenée par le fanatisme, fruit de la tolérance accordée aux prêtres réfractaires ». Le 1er août 1798, Recologne devient un des 17 archiprêtres du diocèse, en en février 1800, les cloches se font entendre à nouveau dans le village après des années de silence. Le XIXème siècle est un siècle d’entretien des lieux de culte: réparations à l’église par l’architecte Vieille en 1824, par l’architecte Forien en 1896; réfection du mur du cimetière, par l’architecte Lavie en 1877; mis en place d’une gille autour de la croix précédent l’église en 1859, par l’architecte Déville; installation, en 1826 et en 1840, de cloches destinées à remplacer celles qui avaient été baptisées en 1790;